La feuille de route Lapi Tech pour les dix-huit prochains mois
Consolidation, transmissibilité, conformité par conception, ouverture maîtrisée. Une vision produit assumée publiquement, pour engager l'écosystème.
Karl Verger
LAPI TECH
Annoncer publiquement une feuille de route est un exercice qui rend prudent. On s'expose, on s'engage, on donne à juger. Je choisis pourtant de le faire, parce que je crois qu'une vision se renforce à être dite, et parce que je préfère avancer avec un écosystème qui sait où nous allons plutôt que dans le secret. Voici donc, à grandes lignes, ce que nous construisons pour les dix-huit mois qui viennent.
La première direction est la consolidation. Nous avons quatre briques — BrokerCRM, BrokerAI, le Classifier, AudioPlateforme — nées chacune d'un besoin propre. L'enjeu des prochains mois n'est pas d'en ajouter une cinquième à tout prix, mais de faire de cet ensemble un tout cohérent, où chaque brique renforce les autres. La maturité d'une suite ne se mesure pas au nombre de fonctions, mais à la fluidité de leur articulation. C'est un travail moins visible que le lancement d'une nouveauté, mais c'est celui qui donne sa solidité à l'ensemble.
La deuxième direction est la transmissibilité. Je l'ai dit ailleurs : un logiciel né dans un cabinet porte le risque d'être trop bien adapté à ce cabinet. Une partie de notre effort consiste à distinguer ce qui relève du métier du courtage — donc partageable — de ce qui relève de nos habitudes propres. Rendre la suite déployable au-delà de notre propre groupe, proprement, est un objectif structurant de cette période. C'est ce qui transforme un outil interne en produit.
La troisième direction est la conformité par conception. L'IA Act montera en puissance d'ici la fin 2027, avec des obligations concrètes pour les systèmes à haut risque, dont relèvent certains usages en assurance. Plutôt que d'attendre l'échéance, nous voulons intégrer dès maintenant la transparence, la traçabilité et la supervision humaine au cœur de nos produits. Non comme une contrainte subie, mais comme une qualité de conception. Quand l'échéance arrivera, je veux que nous soyons prêts parce que c'était notre manière de construire, pas parce que nous aurons couru.
La quatrième direction est l'ouverture maîtrisée. Structurer Lapi Tech comme entité distincte ouvre des possibilités : commercialisation auprès de tiers, partenariats, intégrations. Nous voulons les explorer, mais sans précipitation et sans renier ce qui fait notre force — la proximité avec le métier réel. Grandir ne doit pas nous éloigner du terrain qui nous a appris ce que nous savons. C'est une ligne de crête, et je préfère l'annoncer comme telle plutôt que de promettre une croissance sans nuance.
Je présente cette feuille de route en sachant qu'elle évoluera. Une roadmap n'est pas une promesse gravée ; c'est une direction assumée, qui se corrige au contact du réel. Je m'engage surtout sur une chose : continuer à raconter cette trajectoire honnêtement, les avancées comme les obstacles. Parce que la crédibilité ne vient pas d'un plan parfait. Elle vient de la cohérence dans la durée — et c'est sur cette durée que je veux être jugé.